La pompe à chaleur et le puits canadien sont deux dispositifs différents, l’un est un système de chauffage et l’autre est un système de ventilation, mais ils sont réputés pour leur efficacité énergétique et leur économie d’énergie. Si l’application des deux appareils est différente, ils sont complémentaires au point qu’il est devenu courant de les voir fonctionner en tandem. Coupler une pompe à chaleur à un puits canadien est un excellent moyen pour améliorer une remontée en température et améliorer par conséquent la performance de la pompe à chaleur dans le chauffage de la maison. Le rendement de la pompe à chaleur est bien meilleur étant donné que la température de l’air capturé est toujours optimale après son passage dans la canalisation sous-terrain du puits canadien.

Qu’est-ce qu’un puits canadien ?

Le puits canadien aussi appelé EAG (échangeur à air géothermique) est un système de ventilation  qui a comme principal objectif de renouveler l’air dans le logement. Ce n’est donc pas un appareil destiné au chauffage ou la climatisation d’un logement, mais uniquement pour sa ventilation. Avec l’installation d’un tel système, il est possible de réaliser des économies d’énergie. Souvent associé à une VMC double flux, un puits canadien est constitué d’une conduite enterrée telle une pompe à chaleur géothermique pour aspirer l’air de l’extérieur et l’acheminer jusqu’au logement. Le sous-sol conserve une température relativement stable tout au long de l’année à une profondeur de 2 mètres. La température du sol s’échelonne de 5 °C en hiver jusqu’à 15 °C en été. La circulation de l’air au contact du sous-sol permet de récupérer ou délaisser de l’énergie selon la saison afin de réchauffer en hiver et de le refroidir en été. Le fonctionnement d’un puits canadien s’adapte à celui de la pompe à chaleur pour restituer les calories dans le logement pour le réchauffer ou le rafraîchir avec un modèle réversible. Le puits canadien peut être donc couplé à une pompe à chaleur. Pour cela, il suffit de disposer la sortie d’air du puits canadien sur l’unité extérieure de la PAC. L’utilisation d’un puits canadien sans la VMC (ventilation mécanique contrôlée) est moins efficace, car ce dispositif assure le renouvellement de l’air à l’intérieur des pièces afin de réaliser des économies de chauffage.

  • Un système de ventilation efficace

La VMC simple flux est actuellement le système de ventilation le plus populaire étant un dispositif classique composé d’un  ventilateur pour extrait l’air dans les pièces humides. Cela engendre une dépression dans l’habitation et entraine le renouvellement de l’air. Ce dispositif est parfait pour rafraîchir le logement en hiver étant donné que la température extérieure est ramenée dans le logement. Avec un puits canadien, l’air neuf circule dans une canalisation enfouie dans le sol avant d’être diffusée dans l’habitation. L’air capturé et circulant dans la canalisation va se réchauffer au contact de la terre et apportera de la fraicheur en été et un peu de chaleur en hiver. Grâce à ces échanges de calories, le foyer pourra réaliser des économies d’énergie thermique et climatique. Mais pour maximiser ces économies, l’utilisation d’une VMC double flux couplée au puits canadien est nécessaire. Cette installation permet un échange d’énergie plus élevé entre l’air extrait et l’air introduit.

  • Un amortissement très long

L’installation d’un puits canadien présente deux inconvénients majeurs. Le temps de retour sur investissement est relativement long à cause du coût de travaux nécessaires pour l’enfouissement de la canalisation. En effet, un terrassement est nécessaire pour placer la canalisation à 2 mètres de profondeur. Du coup, l’installation du puits canadien n’est pas très recommandée dans le cadre d’une rénovation. A noter aussi que le puits canadien n’est pas éligible au crédit d’impôt et autres subventions accordées par l’Etat dans le cadre d’une transition énergétique, ce qui prolonge davantage le temps d’amortissement de son investissement. Pour réduire ce temps de retour sur investissement, il est conseillé d’installer un puits canadien en amont de la construction de son logement, c’est-à-dire au moment de l’utilisation des engins de terrassement pour la réalisation des fondations. Cela permet de réduire les coûts de terrassement du puits canadien en profitant des premiers travaux nécessaires à la construction de la maison.

Que vaut une pompe à chaleur face à un puits canadien ?

La pompe à chaleur et le puits canadien sont deux systèmes, dont le principe de fonctionnement est assez similaire, mais les applications finales sont différentes. En effet, la pompe à chaleur est utilisée pour produire de la chaleur ou rafraîchir une habitation dans le cas d’un modèle réversible. Elle utilise pour cela un compresseur pour élever la température captée dans l’environnement extérieur tandis que le puits canadien utilise une VMC pour injecter l’air chauffé ou refroidi par le sol. Ce qui fait que le puits canadien est un système de ventilation et non pas un système de chauffage. Toutefois, le puits canadien peut augmenter la température de l’air introduit à l’intérieur en hiver. A une profondeur de 2 mètres, le sol est plus chaud que la température extérieure et l’air froid est alors préchauffé dans la canalisation sous-terrain avant d’être diffusé dans l’habitation. Inversement, l’air passant dans la canalisation récupère la fraîcheur du sol en été et refroidit l’air dans la maison. Même à une température extérieure de 30 °C, l’air introduit dans la maison peut descendre à 15 et 20 °C en été. De son côté, la pompe à chaleur peut chauffer une maison à une température de 35 à 45 °C (basse température) et jusqu’à 65 °C (haute température). Une PAC basse température nécessite des émetteurs adaptés, à l’exemple des radiateurs basse température, des ventilo-convecteurs ou encore des planchers chauffants. Une PAC haute température fonctionne avec des radiateurs haute température classiques, comme les radiateurs en fonte du système de chauffage existant.

Comment choisir entre les deux ? La performance vous guide !

Ainsi, le puits canadien ne permet pas de transformer l’énergie comme une pompe à chaleur. Il la récupère telle quelle, ce qui fait que la consommation d’électricité est moindre. Le coefficient de performance (COP) d’un puits canadien est de 10 à 20 alors que celui d’un climatiseur classique se situe entre 2 et 4. En d’autres termes, le rendement d’un puits canadien est 20 fois plus, c’est-à-dire pour 1 kWh d’électricité consommée, le puits canadien peut restituer 20 kWh. Pour la pompe à chaleur, le COP est moins élevé que pour un puits canadien, mais elle compense cette baisse de rendement par le confort de chauffe. Les pompes à chaleur ont un COP moyen de 4, c’est-à-dire qu’elles peuvent produire 4 fois l’énergie consommée. Un COP élevé est toujours bien meilleur, mais il ne faut pas non plus négliger le dimensionnement avant de choisir une pompe à chaleur et un puits canadien.